RENDEZ-VOUS mardi 22 Mai 2012 18H30 amphithéâtre du Conseil Général rue Guillemette- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE / BILAN de la saison 2011/2012 Verre de l'amitié
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HISTOIRE ET GRANDES HEURES DE L'ATP

Ecrit par | Samedi, 19 Mai 2012 22:27 Mise à jour le Jeudi, 12 Août 2010 07:57 par Administrator

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La mobilisation de spectateurs pour défendre la démarche de Jean VILAR à Chaillot et au festival d'Avignon avait débouché sur la création d'une première ATP en Mars 1953 à Paris. D'autres ATP virent le jour, dans la foulée, à  Avignon (1954), Amiens (1953), Poitiers (1956), Aix en Provence (1959)…

Dans la cité des Papes, dès 1955, les Amis du Théâtre, programmait leur première saison théâtrale, en hiver, entre deux festivals.
A Nîmes, l'association est née de la rencontre de deux désirs. Celui de spectateurs passionnés de théâtre, déterminés à agir sur le modèle avignonais, à « quitter leur fauteuil » pour voir enfin, dans leur propre ville, le théâtre de leur temps. Et celui d'une nouvelle municipalité - nous sommes en 1965 ; c'est le premier mandat d'Emile Jourdan à la tête d'une équipe d'union de la gauche - porteuse d'un projet culturel faisant toute sa place au théâtre contemporain.

Plutôt que de faire appel à un directeur artistique (qui aurait pu être Alain Rais), à  une compagnie théâtrale (Cie de l'Etang de Berre), les élus vont faire le choix du public, et confier à une équipe de spectateurs bénévoles, animés du seul souci de partager leur plaisir avec le plus grand nombre de nîmois, le soin de concevoir une saison « municipale » de théâtre, et d'en assurer totalement la gestion en toute indépendance.

Au fil des années, une programmation judicieuse et un travail militant intense de promotion des spectacles élargirent le public et, par là même, renforcèrent les équipes successives.
Vint alors, naturellement, sa reconnaissance par les autres collectivités : d'abord le Conseil Général du Gard -plus du tiers des spectateurs habitent d'autres communes - puis le Conseil Régional et, enfin, l'Etat.
Dans ses relations avec ses multiples interlocuteurs, l'ATP de Nîmes n'eut jamais comme fil conducteur que la passion du théâtre, et comme seul parti pris celui des gens, des artistes, des créateurs qui le font.
A l'ATP, les responsables se succèdent. Après Jacqueline Chambon, c'est Georgette Bonnot, puis Marthe Huard qui assureront la présidence jusqu'en 1980. C'est Alain Massot qui leur succède jusqu'en 1995, date à laquelle il devient adjoint municipal chargé de la Culture. Gérard Cardonnet prend alors le relas. Il est aujourd'hui encore président de l' association.

Les municipalités se sont succédées aussi, sans que jamais soit vraiment remise en cause la confiance accordée à l'ATP qui a toujours était subventionnée.Ce qui se passait à Nîmes n'échappa pas à des spectateurs voisins, partageant le même désir : aujourd'hui existent aussi des ATP à Alès (depuis 1977), Uzès (depuis 1980), Vauvert-Vergèze (depuis 1990… ?). Le Gard s'est montré terre fertile.
Chaque association est indépendante, sur le plan juridique et financier - toutes sont régies par la loi de 1901- . Elles sont toute réunies en fédération nationale, la FATP, actuellement présidée par le président de l'ATP de Nîmes.
Si l'ATP est bien ancrée dans l'histoire locale, elle ne participe pas moins au grand mouvement du théâtre populaire et de décentralisation théâtrale dont elle est issue.
Aujourd'hui, la Fédération regroupe une vingtaine d'ATP,  présentes d'Epinal à la Côte Basque, avec une plus forte concentration dans le Sud-est. Dans chacune d'elles, des spectateurs passionnés, souvent investis dans l'éducation populaire présentent, au public le plus large possible, la création théâtrale contemporaine, du répertoire aux nouvelles écritures, avec une attention particulière pour les jeunes compagnies.

43 saisons, 710 spectacles
300 000 spectateurs.

Le  nombre  de  présentations  privées  augmentent  d'année en  année,  suscitant  de nouveaux adhérents, de nouveaux abonnés,  pour  notre plus grande satisfaction.
Outre sa mission de programmateur, l'ATP se veut initiatrice du plaisir théâtral. A cet effet, elle a mis en œuvre, en direction du public jeune, des pratiques visant à faire tomber le mythe du théâtre élitiste et inaccessible. Depuis sa création, l'ATP a favorisé toutes sortes d'initiatives comme des stages de théâtre, des concours d'affiches, de nouvelles, de photos.
Certains spectacles programmés sont le prétexte à des rencontres, discussions avec l'auteur, le metteur en scène, les comédiens et des étudiant, lycéens,collégiens  échanges qui débouchent sur une approche et une connaissance plus concrète du spectacle vivant

En 43 saisons, les nîmois ont pu approcher la plupart des grands metteurs en scène français, les plus importantes compagnies et la plupart des Centres Dramatiques Nationaux.
Ils ont eu l'occasion de découvrir bon nombre de compagnies étrangères venant d'Espagne, Italie, Californie, Russie, Angleterre, Japon, Côte d'Ivoire, Hollande, Belgique, Roumanie…Ils ont participé à la découverte de formes théâtrales innovantes, de jeunes talents dont certains sont devenus les grands noms, références du théâtre d'aujourd'hui. L'ATP veille toujours à ce que le fossé ne se creuse pas entre le public et la création.
Elle soutient les acteurs vivants, les jeunes compagnies, les metteurs en scène encore inconnus… Nécessairement elle se préoccupe du public sans qui le théâtre n'existerait pas. L'ATP a constamment le souci d'informer le spectateur, de l'amener à recevoir les démarches diverses des créateurs, à développer sa curiosité, de l'amener à accepter d'entrer, peu à peu, dans des univers particuliers ou des formes inhabituelles.

LES GRANDES HEURES DE L'ATP

1 - La première saison : 1965/1966
Sans conteste, après quarante trois saisons, l'élaboration de la toute première et son déroulement peut figurer comme le premier évènement d'importance : on y retrouve associés les noms des metteurs en scène suivants :
Alain Rais (Cie L'Etang de Berre), Antoine Vitez (CDN du Sud Est), Jean Dasté (Comédie de Saint Etienne) et Maurice Sarrazin (Le Grenier de Toulouse).
2 - Roger Planchon en résidence à Nîmes… :
Cinq ans plus tard, en 1971, hors saison, en juin, l'ATP accueille Planchon qui cherche un lieu pour créer Bleu, blanc, rouge avec le soutien de la municipalité qui met un lieu à sa disposition. Cette pièce sera créée à Nîmes, à l'issue de la résidence.
3 - 1975 : l'ATP a dix ans
Pour fêter cet anniversaire, un festival de théâtre régional : pendant trois semaines, du 21 janvier au 13 février colloques et spectacles avec l'ensemble de la création dramatique en Languedoc. Des compagnies de toute la région vont réunir un public nombreux, invité chaque jour à découvrir de nombreux divers lieux de représentation.
4 - 1981 Stuart Seide présente Andromaque…
L'ATP accueille, hors saison, fin juin 1981 et en avant première des représentations proposées par le Festival IN, en juillet la création de cette pièce de Racine sur le parking qui se trouvait à l'emplacement de la médiathèque Carré D'Art. La scénographie avait inclus les colonnes de l'ancien théâtre dans le décor, et l'une des portes laissée ouverte donnait à voir au lointain La Maison Carrée.
5 - 1982 : Les Maisons de la Mémoire de Christian Liger
C'est l'année de la célébration des 2000 ans de la ville. Un collectif, qui se donnera le nom de Nemausus 2000, porteur d'un projet théâtral se constitue avec l'ATP, Christian Liger, auteur, et les trois compagnies nîmoises - L'Abribus Théâtre ( Christian Chessa), Le T.E.L. (Monique Robert) et le T.P.M. (Bernard Gautier).
Quatre heures pour un spectacle déambulatoire dans les Jardins de la Fontaine qui retrace l'histoire de Nîmes, depuis les Volsques jusqu'à la ZUP. Cinq représentations, en juillet, à la tombée de la nuit réuniront 4000 spectateurs. La direction artistique du projet fut assurée par Stuard Seide, aujourd'hui, directeur du Centre dramatique national de Lille.
6 - 1998 : Les récits de Naissance proposés par Roland Fichet et la Cie Folle Pensée de Saint Brieuc :
En partenariat avec Jean Lebeau, directeur du Théâtre de Nîmes, l'ATP se lance avec passion dans la « folle » aventure, hors saison. Accueil pendant un mois de l'équipe artistique qui ne réunit pas moins de cinquante personnes, dont 4 metteurs en scène, Fichet, Annie Lucas, Julie Brochen et Robert Cantarella, de nombreux auteurs de nationalités diverses et une quinzaine de comédiens. Plus les technos, l'administration et l'intendance dont… un cuisinier !
Ce mois de résidence fut suivi de huit jours de représentations …au théâtre vidé de ses fauteuils et transformé en piscine pour la création de Nous sommes tous des enfants de putes de Rodrigo Garcia, encore inconnu du grand public et mis en scène par Julie Brochen et Robert Cantarella. Des comédiens flottaient à la surface de l'eau, dans un éclairage blafard…
D'autres spectacles se déroulaient simultanément dans le théâtre,  dans des endroits plus insolites comme le balcon ou l'atelier de construction des décors, ou encore derrière la scène, ou encore dans l'atelier des costumes…
D'autres encore, tout aussi simultanément se déroulaient ailleurs, à l'Odéon, bien sûr mais totalement transformé lui aussi, ou dans la cour de l'hôtel Meynier de Salinelles…
Parcours dans la ville, les spectateurs se croisaient : « Tu viens d'où ? »…  « Non, pas encore vu, j'y vais demain. »… « On se retrouve après ? »…
7 - Comment ne pas classer dans les grandes heures de l'ATP, toutes ces grandes et belles fêtes du théâtre qui ponctuent, chaque cinq ans que l'association se porte du mieux qu'elle peut contre vents et marées et qu'elle persiste et signePour un soir de gala, ils sont tous là, les spectateurs et les artistes et ces derniers, chaque fois, nous apportent de belles surprises : Souvenez-vous !
Olivier Py qui nous fit découvrir Miss Knife et sa voix de haute contre, l'improvisation haute en couleur de Jean-Pierre Chabrol, Les Nouveaux Nez, Jean-Louis Hourdin, les Chansons Plus -lorsqu'ils étaient quatre - et tous les autres…
Rendez-vous en 2011 pour les 46bougies ?


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