L'historique

La mobilisation de spectateurs pour défendre la démarche de Jean VILAR à Chaillot et au festival d'Avignon avait débouché sur la création d'une première ATP en mars 1953 à Paris. D'autres ATP virent le jour, dans la foulée, à  Avignon (1954), Amiens (1953), Poitiers (1956), Aix en Provence (1959)…

Dans la cité des Papes, dès 1955, les Amis du Théâtre programmaient leur première saison théâtrale, en hiver, entre deux festivals. 
A Nîmes, l'association est née de la rencontre de deux désirs. Celui de spectateurs passionnés de théâtre, déterminés à agir sur le modèle avignonnais, à « quitter leur fauteuil » pour voir enfin, dans leur propre ville, le théâtre de leur temps.      Et celui d'une nouvelle municipalité menée par Emile Jourdan - nous sommes en 1965 - porteuse d'un projet culturel faisant toute sa place au théâtre contemporain.

Plutôt que de faire appel à un directeur artistique ou à  une compagnie théâtrale, les élus vont faire le choix du public, et confier à une équipe de spectateurs bénévoles, animés du seul souci de partager leur plaisir avec le plus grand nombre de nîmois, le soin de concevoir une saison « municipale » de théâtre, et d'en assurer totalement la gestion en toute indépendance.

Au fil des années, une programmation judicieuse et un travail militant intense de promotion des spectacles élargirent le public et, par là même, renforcèrent les équipes successives.
Vint alors, naturellement, sa reconnaissance par les autres collectivités : d'abord le Conseil Général du Gard -plus du tiers des spectateurs habitent d'autres communes - puis le Conseil Régional et, enfin, l'Etat.
Dans ses relations avec ses multiples interlocuteurs, l'ATP de Nîmes n'eut jamais comme fil conducteur que la passion du théâtre, et comme seul parti pris celui des gens, des artistes, des créateurs qui le font.
A l'ATP, les responsables se succèdent. Après Jacqueline Chambon, c'est Georgette Bonnot, puis Marthe Huard qui assureront la présidence jusqu'en 1980. Alain Massot leur succède jusqu'en 1995, date à laquelle il devient adjoint municipal chargé de la Culture. Gérard Cardonnet prend alors le relais.

Les municipalités se sont succédées aussi, sans que jamais soit remise en cause, à l’occasion d’une alternance politique, la confiance accordée à l'ATP qui a toujours était subventionnée. Ce qui se passait à Nîmes n'échappa pas à des spectateurs voisins, partageant le même désir : existent aussi des ATP à Alès (depuis 1977) et à Uzès (depuis 1980).  Le Gard s'est montré terre fertile.
Chaque association est indépendante, sur le plan juridique et financier - toutes sont régies par la loi de 1901- . Elles sont toute réunies en fédération nationale, la FATP.
Si l'ATP est bien ancrée dans l'histoire locale, elle ne participe pas moins au grand mouvement de démocratisation et de décentralisation du théâtre dont elle est issue. Aujourd'hui, la Fédération regroupe une quinzaine d'ATP,  présentes d'Epinal à la Côte Basque, avec une plus forte concentration dans le Sud-est.

Au fil des saisons, les nîmois ont ainsi eu l'occasion de découvrir bon nombre de nouveaux talents, souvent devenus les grands noms d’aujourd’hui, et de compagnies étrangères venant d'Espagne, Italie, Californie, Russie, Angleterre, Japon, Côte d'Ivoire, Hollande, Belgique, Roumanie